Novembre, les cheveux mabouls et des couleurs, sans bruit

J’avais hâte que novembre arrive.

Pour qu’un vent parfumé d’humus balaie tous ces commentaires négatifs entendus autour de la culture du viol. Autour des femmes. Pour que la pluie éteigne ces feux allumés. Pour qu’un tapis de feuilles assoupisse les cris.

Je suis tannée des cris. Des gens qui hurlent.

De la violence avec laquelle on s’empare de toutes les tribunes. De la colère gueularde qu’on fait sienne, qu’on adopte et qu’on nourrit, trop richement parfois.

Non pas qu’il ne faille plus parler de machisme ou d’agressivité, au contraire ! C’est nécessaire, encore. Mais les hurlements ? J’avais hâte que novembre arrive.

Par fatigue de ce combat qui ne cesse jamais. Par lassitude, par l’envie d’être rendue mauditement ailleurs. Plus loin, en terre égale, en horizons calmes, en lieux inédits.

Parce que la nature est ainsi faite – la mienne en tout cas -, j’essaie le plus possible de faire partie de la solution ou de travailler à des choses qui font du bien, à des baumes correcteurs de laid. Et aussi parce que l’automne, c’est la saison où la nature se repose. Et que novembre est le mois des morts, de l’hibernation, de la grande préparation avant le froid.

Alors, quand la véhémente protestation est à son comble, me vient invariablement un goût de plénitude, ce besoin du contraire, pour me calmer.

Comme les ours carnivores, j’ai le goût de somnolence hivernale. L’envie perverse d’arbres déserts, de feuilles molles et du vent qui rend mes cheveux mabouls !

J’ai besoin de douceur, de murmures, de cliquetis, de craquements, de bruissements.

Peut-être aussi d’une soupe orange au retour d’une marche en forêt.

Si je pouvais commander dix clairs de lune et encore cinq soirs de perséides, je le ferais !

Et pourquoi pas un grand enthousiasme ?

« Fuck them, wô, bitch, icône féministe, femmes frustrées, grosse laide, suceuses de pénis. »

Ce ne sont que des mots et pourtant ils usent et font mal. Autant à ceux qui les écrivent ou les prononcent qu’à ceux qui les lisent ou les entendent.

Pourquoi ne pas être porteurs d’entente, de liens, d’idées qui font germer du beau ?

Sans majuscule !

À mes 17 ans, ma chanson préférée comportait son lot de chimères et de rêves un peu bébêtes. Ils allaient de pair avec l’âge et la candeur que j’avais, à l‘époque.

Être en amour avec vous / Donne envie de marcher / Sans jamais s’arrêter / Vers ce monde où l’on a choisi de vivre

Quand j’écoute cette chanson aujourd’hui, j’ai mille ans. Mille ans de romantisme ! Mille ans à mettre mes billes dans le meilleur. À essayer de voir le verre plein.

Mais parfois je baisse un peu les bras et je fixe le sol, fatiguée de chercher des circonstances atténuantes aux cris, fatiguée de trouver des excuses aux maux qui plombent le moral. Fatiguée d’essayer de comprendre. Fatiguée des luttes.

Et puisque tout est question d’énergie, puisque les jours raccourcissent et qu’ils deviennent trop courts pour laisser à la sérénité et à la grâce – que j’appelle et que j’attends  – le temps d’arriver… .

Je cherche des réponses dans les bonbons d’Halloween et je rêve à une potion magique qu’on distribuerait à chaque coin de rue et surtout au mien.

Je rêve aussi à un novembre qui aurait des ambiances de musée. Calme, calme, tu vois ?

Un MAC éphémère, un temps et un lieu où l’on ne jouerait qu’avec du beau. Un endroit rempli de lumière, de couleurs, de coups de cœur artistiques et impérativement, de gens qui chuchotent.

Juste un mois, mais tout le mois.

Bienvenue, novembre !

La vie, les boîtes et les fils qui coupent

Je discutais cette semaine avec une copine que j’aime bien et que je ne vois jamais.

Contente de l’avoir enfin devant moi en chair et en os, je lui parlais de l’effet pervers des médias sociaux, de l’impression d’avoir des nouvelles de tout le monde sans les voir et sans leur parler.

On a d’ailleurs toutes les deux à peu près le même avis sur la question, depuis longtemps, mais on se dit aussi que ça ne sert à rien de chialer, que notre malaise est sans grande conséquence puisqu’on continue d’y aller de façon quotidienne.

La discussion mérite pourtant de rester ouverte et de progresser, jour après jour.

Parce que les façons de communiquer changent et les réseaux sociaux sont relativement nouveaux dans nos vies. Il faut qu’on s’y attarde, qu’on y réfléchisse, et qu’on trouve des solutions à leur envahissement.

Car il s’agit bien de ça, d’un envahissement, qu’on le veuille ou non. On est tous connectés et nos relations passent maintenant souvent d’abord par les portables et les médias sociaux.

Un rendez-vous avec un client ? Après le premier appel, on en vient rapidement aux textos.

Je veux changer l’heure d’une rencontre, contacter un ami occupé ? Je ne prends aucune chance. Ses trois adresses courriel, un texto et un message Facebook, comme ça je suis certaine d’être vue.

Je suis devenue un fin limier, la truffe pistant tous les réseaux, prête à chasser le rendez-vous.

On veut savoir comment se porte la famille ?

Prendre le téléphone serait une hérésie, un truc pas possible, impensable en plein jour. Allons plutôt stalker le mur Facebook de la sœur ou du frère afin de savoir si un drame se trame ou est arrivé.

Au pire, envoyons-lui un texto afin de connaitre son humeur du moment. Pourvu qu’elle ou qu’il soit au mieux parce que sinon – hé misère ! –  il faudra entretenir la relation pendant quelques jours, voire une semaine par téléphone intelligent. Franchement, à vue de nez, c’est presque la mort.

Maintenant, je vous jure qu’il m’arrive de prendre des rendez-vous téléphoniques avec des amies par textos.

  • Allô Marie. es-tu dispo ?
  • Dans une heure ? Là je suis occupée.
  • Dans une heure, je serai en rendez-vous, disons à 16 h ?
  • Peux pas. 17 h ?
  • Non, 17 h, je fais le taxi pour ma fille. 19 h ?
  • Ishh non, j’ai un souper avec Élise. Elle veut absolument me parler.
  • On essaie demain ?
  • Pas de souci, je t’aime.
  • Moi aussi ! xxx

Cinq minutes de textos alors qu’on aurait tellement pu se parler.

Mais on s’aime, c’est écrit !

Prenons maintenant le courriel.

Un courriel, c’est quand même simple, efficace et ça ne détourne notre attention de RIEN.

On peut continuer à travailler, à cuisinier ou à préparer la gamelle du chien en attendant la réponse, et décider de répondre le soir même ou le lendemain. Personne ne s’en formalisera.

Si on passe deux jours, on feindra la boîte de courriels TELLEMENT REMPLIE et on dira qu’on n’a rien vu de ce courriel. Viendront alors les mots : désolée, occupée, pas vu, etc.

Des mensonges, bien sûr. Mais qui ne font pas de mal.

Je ne suis pas de la génération paresseuse, mais j’avoue, je le suis devenue depuis au moins quatre ou cinq ans, quelques années après mon entrée sur les réseaux sociaux. Que voulez-vous, ça occupe ces affaires-là ! J’y ai mis et j’y passe encore trop de temps, à mon goût.

À lire des trucs dont je pourrais facilement me passer. J’entre là-bas quand j’en ai envie, je m’installe au coin du feu Twitter ou Facebook et je regarde le spectacle.

Souvent, il n’y a rien de palpitant ou de merveilleux à lire, mais il y a des jours où ça explose. Un évènement survient dans l’actualité et mon fil c’est l’Autel du partage !

Aujourd’hui, on partage sur tout et CHAQUE opinion compte, ne l’oublions pas. Les sujets sont multiples, en une semaine on trouve toujours bien quelque chose à se mettre sous la dent.

Une semaine en médias sociaux, c’est un mois en vrai. Pas le temps de niaiser, on lance son opinion et vite ! Les élections américaines, la gauche, la droite, le ventre rebondi de Jennifer A., l’immoralité de tel humoriste, les cônes orange, tout y passe. Le boucan est parfois tellement prenant qu’on doit se parler à soi-même pour en décrocher et continuer à travailler. Même envisager les deux minutes que ça prend pour longer le couloir et aller faire pipi peut devenir source de questionnement et d’anxiété.

À moins de prendre son téléphone avec soi.

Et comble du comble, 2016 – corrigez-moi si je me trompe – aura vu apparaitre des statuts hyper longs, touffus, remplis à ras-bord ! Du coup, je dois sortir mes lunettes si je veux tout lire. Et ça me prend un moment. C’est vrai, je l’admets, que si je ne tenais pas à tout comprendre ce serait moins long.

Pendant ce temps-là, que complote ma famille, que font mes amis ?

Je n’en ai aucune idée !

Je suis trop absorbée par d’importantes lectures. Le vol de la bague à 6 millions de Chose, les envolées lyriques de Ferrandez, l’opinion d’une personne que je n’ai jamais vue, que je ne rencontrerai probablement jamais, que je serais de toute façon bien en peine de reconnaitre. Tu parles si je suis occupée !

Sérieusement, ce qui arrive pendant ce temps-là, c’est que mon fils devient un adulte, que les saisons changent, que mes amis me manquent, qu’on trouve une nouvelle façon de déjouer le sida, que deux ou trois symphonies se créent… bref ! que la planète évolue.

Quand on y pense, ce serait suffisant pour décrocher.

Dans un récent party où j’étais et où les invités donnaient leur opinion sur tout sauf sur l’évolution de l’aye-aye à Madagascar, un jeune ami qui, je suppose, ne trouvait pas sa place dans le troupeau ou avait simplement envie de poser un regard ironique sur la soirée, a fini par articuler un mot, accompagné d’une photo qu’il a déposée sur Instagram.

Son mot était : la société parle, mais que dit-elle ?

Ce n’était pas un long statut, ce n’était pas écrit par une célébrité ni partagé 45 fois sur Twitter et 21 fois sur Facebook, mais je l’ai trouvé particulièrement pertinent.

La maturité devrait servir à faire de meilleurs choix de vie. Je n’ai pas la prétention d’avoir terminé ma réflexion sur le sujet, mais c’est parce que je dois être encore très jeune.

À ce compte-là, nous le sommes presque tous.

Caliente, 50 ans de lutte et la lune

Quand une relation entre deux personnes prend une tournure déplaisante, il n’y a plus rien de léger là-dedans. Plusieurs témoignages de femmes agressées sexuellement vont dans le même sens. Le léger, c’est quand il y a consentement. À partir du moment où la relation consentante est menacée, en difficulté ou carrément bousillée, il n’y a plus rien de léger.

La vie, ce n’est pas Pornhub !

On peut dire oui au début, quand on se sent bien, quand autour tout est sa place, comme le chante Kevin Parent dans Caliente. Et puis changer d’idée, parce que les choses tournent mal, parce qu’on sent une agressivité chez l’autre, parce que le feeling est mauvais, parce qu’on croit qu’on est allé trop loin, parce qu’on n’en a simplement plus envie.

Tout cela doit être entendu et respecté. Un non est un non et il y a plusieurs façons de dire non, combien de fois faudra-t-il le répéter ?

Un « non » est un non. Un « lâche-moi » est un non. Un « arrête, ça ne me tente plus ». Un « je sais plus si j’ai le goût ». Un « j’aimerais rentrer chez moi ».

Une main qui arrête un geste est aussi un non.

D’où vient cette idée qu’on n’aurait pas assez de jugement pour vraiment penser ce qu’on dit? Qu’un non parfois veut dire oui?

De mon côté, j’ai appris très tôt que le danger peut rôder n’importe où. Peut-être parce que j’ai été élevée dans un quartier populaire rempli de gens de toutes sortes dont fallait savoir se méfier, des personnes qu’on croisait tous les jours et qui souffraient de troubles mentaux, des parents d’amis chez qui tout était loin d’être parfait. Mes copines et moi, on devait vite comprendre à qui on avait affaire et savoir se débrouiller avec les moyens du bord pour se sortir des situations troubles.

J’ai donc appris petite à jouer profil bas, à dire ce qu’on voulait m’entendre dire tout en pensant le contraire et en planifiant un plan B pour me sauver, j’ai appris à courir le plus vite possible et à trouver où me cacher quand le danger était présent.

Je suis dotée d’une sonnette d’alarme intérieure, un truc qui vient de cette expérience et aussi probablement de l’instinct : je sais quand je dois me barrer d’une situation. Par bonheur, je suis aussi pourvue d’une bonne force physique et d’1,74 m de haut qui font que j’ai pu éviter deux viols dans ma vie, les deux entre 15 et 17 ans.

Ce n’est pas donné à toutes les femmes d’être assez grandes et assez fortes pour tasser cinq gars qui sont placés devant la porte intérieure d’un appartement ou de se débattre avec tellement de détermination sur la banquette arrière d’une caisse pourrie que le gros épais qui conduit choisit de s’arrêter parce qu’il sent que son chum n’y arrivera pas si facilement.

J’ai eu de la chance. L’immense majorité n’en a aucune.

Et je pleure ma vie quand j’entends des histoires de jeunes copines prises dans des initiations de merde à l’université. Ou d’une belle chouette qui a dit oui à un gars pour ensuite lui dire non. Savoir qu’elle n’a pas été entendue, ni comprise, ni respectée me fait mal à chaque fois.

J’ai milité très tôt pour les droits des femmes. C’était d’ailleurs une évidence quand j’étais à l’université. On militait comme on allait prendre un café.

L’urgence et la nécessité en plus.

J’ai l’impression, après toutes ces années, qu’on revient souvent à la case départ, que nos voix et nos gestes de femmes ne sont pas entendus, que plusieurs hommes sont aussi bouchés que certains l’étaient dans les années 1970 et 1980.

J’ai l’impression qu’on recule alors qu’on devrait toutes se retrouver au coin de la rue, reconnues, respectées, souveraines. J’ai l’impression d’un cauchemar quand j’écoute les nouvelles.

Pourquoi toute cette incompréhension, alors qu’on répète la même chose depuis 50 ans ?

Demander le respect, c’est demander la lune, c’est ça ?

Heureusement qu’il existe d’autres patterns et des tonnes d’hommes fabuleux qui sauvent la mise pour les dizaines d’imbéciles, sans ça on passerait nos journées de semaine à militer. Et les autres à pleurer, cachées sous la couette !

Demain, je t’avais choisi

« Bien sûr nous eûmes des orages… », chantait Brel, dans la Chanson des vieux amants.

Cette chanson, si merveilleusement écrite, est difficile à oublier quand on traverse la vie avec la personne qu’on aime. Elle nous ferait même pleurer pour peu qu’on s’y attarde.

« De l’aube claire, jusqu’à la fin du jour, je t’aime encore, tu sais, je t’aime »

La vie en solo n’a rien de facile, elle ne l’est pas plus quand on la multiplie par deux. On traverse toutes sortes de périodes et on en prend plein la gueule quand on se rend compte que les obstacles ne diminuent pas avec le nombre d’années passées ensemble.

Alors pourquoi continuer ?

Chacun a ses raisons et je n’ai rien de plus à dire sur le sujet que : l’amour transcende tout.

Pas un amour de pacotille, pas un amour de dépendance, pas un amour de conditions. Un amour où on choisit l’autre souvent. Presque tous les matins ! Sans s’oublier, sans multiplier les compromis, sans tout donner. De toute façon, la nature est ainsi faite : quand on donne trop, on devient vide. Vide de soi, vide d’amour, vide de sens !

Tsé, le moment où prendre congé un week-end ne suffit plus à nous ramener à l’intérieur du couple, ce moment où la grogne parle tellement fort qu’on n’entend plus qu’elle ? Un vilain moment. Un parmi tant d’autres si on les accumule. Un déséquilibre total qui ne règle rien et qui réussit parfois à bousiller le patrimoine qu’on a construit.

J’ai l’air fin comme ça, mais je ne suis pas meilleure qu’une autre et certainement pas plus patiente. La preuve en est que quelques années avant mes 50 ans, je suis devenue folle.

Oui, vraiment folle! Vindicative, intolérante et prête à mordre n’importe qui sur mon passage – la crise de la cinquantaine, le besoin de me sentir vivante en dehors du cocon familial et plusieurs autres raisons qui ne sont à peu près pas valables.

Quelques proches ont essuyé les bourrasques de cette tempête, mais ma folie s’est essoufflée à temps. Je suis trop aimée, je crois, on m’a passé une camisole d’amour plutôt qu’une camisole de force. L’aubaine, toi!

Ce moment était pour moi un passage obligé. Laid, pas fin, démesuré mais obligé. Alors comme le chante Brel, il y a des orages, des tempêtes, mais aussi des ciels clairs et des matins doux où on ne peut voir la vie autrement qu’avec elle ou lui.

Et ce sont, sans surprise, les matins que je préfère.

Quand je nous vois mon amoureux et moi, liés pour la vie, empathiques, attendris et soucieux l’un de l’autre, ça m’émeut terriblement.

Ça ne fait pas de nous des candidats pour les Résidences Soleil, « … il nous fallut bien du talent pour être vieux sans être adultes », mais déjà je nous vois vieux et vivants, l’un à côté de l’autre. Encore pour un sacré bout.

La semaine prochaine, nous allons traverser, lui et moi, nos 25 ans de mariage et probablement aussi applaudir nos 33 ans de vie commune. Je ne pensais pas, pas même dans mes rêves les plus fous, me rendre jusque là. Mais plus j’avance dans cet état de vie commune, plus je rencontre d’agréables surprises.

La bienveillance qui s’incruste dans notre cortex, les mots qui soignent plus qu’ils ne tuent, la vérité qui est quelque part entre nos deux vies, complètement mobile.

Je fuis les recettes, pour chacun la vie de couple est différente. Nous ne sommes à l’abri de rien et l’humain évolue autant que les relations qu’il entretient.

Mais je parie un 2 $ sur la nôtre.

 

 

 

 

L’imperfection, le Kraft Dinner et l’ordinaire

Cette semaine, c’était l’anniversaire d’une copine. Une copine indigne. Pas cinquantenaire, mais la première mère-blogueuse indigne que j’ai connue et qui vit maintenant de sa plume. Une femme assez extraordinaire !

À l’époque où Mère indigne menait son blogue, j’en tenais un autre avec ma soeur. Un journal à quatre mains qui existe toujours dans la galaxie web, il suffit de fouiller un peu.

J’avais voulu lui trouver un titre qui allait illustrer ce qui nous caractérisait à ce moment-là et ce que nous avions envie d’être à l’écrit : des impertinentes.

On a tenu ce blogue pendant cinq ans et on a rencontré en pratiquant l’écriture à quatre mains d’autres plumes merveilleusement uniques. La marraine Geneviève, le grand Martin, la pétillante Mélodie et beaucoup d’autres passionnés.

Une belle époque où on avait une fenêtre ouverte sur un monde imparfait qu’on inventait et auquel on s’identifiait totalement, loin de l’écriture formelle.

On donnait libre cours à nos opinions, à nos coups de coeur et à nos coups de gueule. Ma soeur et moi écrivions pour le plaisir, sans autocensure et surtout sans commanditaires. Pour déverser le trop plein, pour s’acclimater à nos vies de mamans, etc.

Un fabuleux laboratoire et un parfait exutoire !

Ça ne fait pas si longtemps, bientôt neuf ans. Un siècle à l’échelle du web et un autre à l’échelle de l’individu, du couple et de la famille.

Les blogues sont maintenant intégrés dans tous les journaux, dans tous les quotidiens. On trouve à peu près partout des tribunes pour parler de soi et des autres.

La notion d’imperfection est aussi maintenant vécue à plein. Elle est valorisée dans les journaux, dans les revues, dans la littérature, à la télé et au cinéma.

C’est une excellente chose que cette évolution. Mais il est bon, de temps en temps, de se rappeler que ce n’est pas parce qu’on chronique plus sur un sujet qu’on amène la vision plus loin. Il arrive qu’on patauge sans but et il arrive aussi qu’on se répète.

Par narcissisme, par paresse ou je ne sais trop.

Les nouvelles façons de vivre, d’être en famille, en couple, de changer de vie, de pratiquer un métier singulier n’ont certes pas toutes été écrites, mais le jardin n’est plus en friche.

On en a vu, écrit, lu et exploré un tas !  Le verbe a muté, les plateformes ont explosé et on doit s’aventurer maintenant dans les capsules web pour voir de l’inédit.

En blogues, en billets, c’est un peu moins évident.

On a souvent l’impression qu’on essaie de défoncer des portes déjà grandes ouvertes. Oui, je comprends que quand on est  à son premier billet il y a toujours certains angles à exploiter. Mais justement, il faut en trouver d’autres, des angles ! Arrêtez de défoncer la porte de l’imperfection, ça fait longtemps qu’elle est sortie de ses gonds !

Être imparfait, ce n’est pas de servir du Kraft Dinner à ses enfants un soir de semaine, une fois par mois.  Ce n’est pas non plus de mettre un rosé sur le comptoir quand on rentre à la maison et que les sacs à dos ne sont pas défaits. C’est encore moins de vouloir prendre des vacances à deux en rentrant de vacances en famille parce qu’on est épuisés.

Ces situations sont vécues et assumées par bien des gens.

Peut-on dire qu’elles sont intégrées dans la société et désormais légitimes ? Sans aucun doute, si on en croit ce qu’on voit à la télé et au cinéma !

Courir après sa vie,  avoir envie d’un verre,  vouloir prendre des vacances le premier jour du retour au boulot, ce n’est plus être imparfait, c’est être de son temps.

Alors ce serait bien de se relaxer l’attitude et la culpabilité, de prendre note que ces états-là sont parfaitement normaux et d’arrêter de se flageller en public.

Parce que de se faire répéter sans cesse sur des blogues et sur Facebook par des gars et des filles qui sont juste eux-mêmes – des adultes de 2016 – qu’ils sont soit disant imparfaits parce qu’un soir ils ont crié après leur enfant, ça peut foutre un complexe royal à tous les autres qui se sentent vraiment moches, comme parents.

Faisons l’exercice, pour le plaisir.

Si je vous dis parent indigne, vous pensez à quoi ?

Pas de l’indignité rigolote. De l’indignité, vraiment.

Je vous entends chercher des exemples fictifs. Prenez des exemples réels, non anecdotiques. Tout à coup, ça devient moins cute, pas vrai ? Parce qu’il s’agit de drames et qu’on peut trouver ces exemples à la une des journaux et parce que pour tous ces exemples il existe aussi des contextes particuliers et des circonstances atténuantes.

Rien de drôle, en fait.

Alors cessons de nous dire que nous sommes imparfaits, indignes et impertinents.

Nous sommes normaux, à la limite de l’ordinaire. Je sais, je sais, se faire dire qu’on n’est pas exceptionnel, ça va être difficile à accepter pour certains, mais ça nous permettra peut-être de nous illustrer autrement que dans le perfectionnement de notre imparfait.

Allez. Je sors le rosé et je vous prépare deux plats : un Kraft Dinner et un macaroni de kamut végane – le fromage n’a pas souffert, je vous le jure.

Que vous choisissiez l’un ou l’autre, vous allez vous en remettre !

Let’s get physical, physical

Vous ne lirez pas ici un long texte sur la nourriture de l’âme et celle de l’esprit.

Oh non !

Aujourd’hui, j’ai plutôt envie de vous parler de physique. De celui des femmes en particulier, celles de mon âge. Parce qu’il y a des jours où c’est tout ce qui nous reste, le physique. Quand l’humeur fout le camp, quand on est maussade, quand on n’en peut plus de tout, on a le choix : ou de se rouler en boule dans un lit douillet au fond d’une campagne lointaine, chez des amis, un soluté de vin blanc au bras, ou de se tenir debout, l’orgueil en bandoulière, l’attitude conquérante plutôt que victime.

Les femmes passent facilement pour des hystériques en puissance, des séductrices ou des princesses quand elles ont envie de prendre soin d’elles.

Surtout quand elles ont des enfants.

Comme si être mère n’était pas un sacrifice suffisant, comme si la vie ne pouvait pas comporter aussi un côté si je vais bien tu iras bien nécessaire à l’équilibre familial.

Comme si le fait de courir dans le noir à – 25 l’hiver, les pieds dans la gadoue était le signe d’une personne en détresse.

Il existe pourtant des tonnes d’articles et de livres sur la question ! L’esprit sain, le corps sain, on sait par cœur ce qu’il faut faire.

Et les soins esthétiques n’ont pas été inventés pour les singes.

De la marche ou de la course à chaque semaine, du temps pour soi – insérez ici toutes vos activités préférées, de la lecture jusqu’à pas d’heure au road trip en solo –, un facial, des crèmes qui ne sont pas miraculeuses mais auxquelles on croit quand même. Voilà une prescription à laquelle toutes les femmes devraient se soumettre !

Obligatoirement.

Ça vous semble terriblement superficiel ? Demandez-vous si le boost d’estime de soi qui vient avec l’est aussi. C’est plein de profondeur au contraire, tout comme l’effet happy camper dont l’entourage pourra bénéficier.

J’essaie moi-même m’y soumettre le plus souvent possible, surtout quand mon âme prend l’eau et que mon corps au réveil a 10 ans de plus que son âge.

Et, parce que ce n’est pas assez, je refuse aussi un paquet d’idées toutes faites et d’attitudes physiques qui me déprimeraient solidement.

Je renvoie aussi en bloc le statut de madame.

Déjà qu’on m’appelle trop souvent madame…

Non, madame ! Pas question d’étouffer dans ce carcan. Comme je n’ai jamais embarqué dans une idée de maternité ou de grossesse préfabriquée.

Un exemple ? Je n’ai jamais porté de Mom Jeans.

Juste de voir les mots Mom et jeans alignés, j’en ai des frissons.

Je n’ai pas non plus arboré le classique jeans de maternité, celui muni du gros panneau mou placé devant et qui sert un peu de berceau du ventre. Ça m’horripilait.

Enceinte de mon bébé, il m’a fallu attendre avant de revoir le bleu du denim. Pendant ma grossesse, j’avais bien soigneusement planqué tous mes jeans au fond de ma garde-robe. Après l’accouchement, je les y ai laissés un an de plus, je ne rentrais tout simplement pas dedans. D’ailleurs je me sentais à peine plus sexy qu’un pain Pom.

Je n’ai pris ma revanche que plusieurs années plus tard et là je me suis gâtée. J’ai eu et j’ai encore une panoplie de jeans et je les porte, merci la vie !

Sauf que.

Vieillir, ce n’est pas non plus un Instagram à tous les matins.

Bien que nous soyons à la semaine longue bombardés par les Allô tutti, voici comment je me suis réveillée ! de jeunes femmes qui semblent toutes avoir 20 ans, nous nous devons d’être réalistes : il arrive que le poids des années pèse quand même un peu sur nous. Parce qu’à 20 ans, évidemment, on peut tout se permettre !

Une attitude approximative, une jupe trop courte, des jambes nues un 15 octobre, des cheveux mouillés pour prendre un café chez Machin. Plus à nos âges. Arrive un moment où cette insouciance ne fonctionne plus et où tout devient un choix.

Alors oui !

On mange cru, on boit du chou frisé, on galbe le mou, on triche les rides en levant le menton un peu plus haut et on sourit.

Alors oui !

On ajuste la longueur de la jupe, on utilise impérativement le sèche-cheveux après chaque lavage et on applique un peu de gloss – de la Vaseline fait aussi l’affaire – avant de sortir le chien le matin, parce que les gens qu’on croise ne doivent pas avoir peur de nous, surtout s’ils nous voient d’abord de dos !

Nous n’avons déjà plus rien à voir avec les femmes et les hommes de 50 ans des années 1960, ne nous arrêtons pas en si bon chemin. On continue !

Rien de clinquant, mais un reflet plus doux dans le miroir et un corps qui tient la route les jours où le moral a déserté. Ça ressemble à un projet réaliste et concret pour modeler nos nouveaux jours, à un avenir où le soleil brille un peu.

Ça ne fait pas de nous des Olivia Newton-John ni des Caster Semenya, mais à viser le peloton de tête, on doit bien sécréter de la sérotonine, non ?

La lucidité et le gagatisme au temps du moi

J’ai vu cet été un saisissant documentaire sur Daniel Pinard – Je vous salue Pinard – présenté à Canal D. Un film de Francis Legault présenté sous la forme d’une entrevue. Je conseille à tout le monde de le visionner. On le trouve sur YouTube, je crois.

Pinard y est cinglant de lucidité, comme à son habitude.

On doit écouter chaque phrase prononcée tant la portée de réflexion est importante. Il y parle de plusieurs sujets, dont la vieillesse. Je ne connais pas Daniel Pinard personnellement et je ne suis pas certaine que je serais à la hauteur de ses fréquentations. Je suis toujours impressionnée par les gens brillants et singuliers qui prennent le temps de réfléchir au monde qui les entoure.

Il est de ceux-là. À trop vouloir être digne de lui parler, je lui balancerais probablement une avalanche de platitudes. Je serais rouge comme une tomate et proche du choc vagal !

Enfin, l’important c’est tout ce qui a été dit pendant cette longue entrevue.

Ce qui m’a le plus marquée, c’est son inclinaison tardive pour la jeunesse, l’aveu de cette émotion qu’il ressent face aux bébés. Pinard se dit fasciné par l’amour que l’on porte aux enfants. Depuis quelques mois, une année peut-être, je suis pareille à lui. Je deviens complètement gaga, émue aux larmes quand un poupon traverse ma route.  Ce qui me fascine, c’est cet infiniment possible, endormi dans la poussette. Un bébé est catapulté dans le monde et tout s’offre à lui. Tu parles d’une chance !

En espérant qu’il ne portera pas le poids de toutes les névroses et qu’il ne vivra pas le pire de ce possible. J’aime bien m’imaginer que chaque bébé développera son plein potentiel, peu importe où il ira. Mon horloge biologique a rendu l’âme, mais ça ne m’empêche pas de voir ailleurs cet infini qu’on ne peut pas s’empêcher de porter, nous, les humains.

Croire assez en la vie pour à chaque fois la recommencer, avec des bébés tout neufs ! Comme si de se reproduire érigeait un rempart contre la noirceur du monde.

J’ai souvent jugé ma belle-mère, vers la fin de sa vie, parce qu’elle s’agenouillait devant toutes les poussettes qu’elle rencontrait, tout le temps et partout. Les sourires des bébés l’émerveillaient. Elle les cherchait sans cesse et les provoquait quand ils n’étaient pas déjà offerts. Gaga puissance 10. Dans la rue, au centre d’achats, au restaurant, c’était toujours le même manège. Je ne comprenais pas trop pourquoi elle faisait ça. Du haut de ma prétentieuse et fin vingtaine, je la trouvais vieille et dépassée. Gaga comme dans gâteuse. Je n’avais pas encore d’enfant, Sinéad O’Connor était ma déesse, je sortais aux Foufs et je me trouvais vraiment hot. Mais il me manquait des sacrés bouts de vie !

Dont celui-ci que j’explore présentement à m’user moi aussi les genoux sur l’asphalte et à regarder des bébés dans les yeux. À leur faire des câlins aussitôt que les parents m’en donnent l’occasion, à toucher des ventres ronds en pensant que le mini, dans sa galaxie intra-utérine, peut en ressentir la douceur. Et encore mieux ! Si la mère est en fin de grossesse, il pourra m’entendre gagatiser de tout mon long :

  • Allô gros bébé d’amour, comment tu vas?
  • Tu viens nous voir bientôt, mon tout doux ?

Évidemment, personne ne répond. J’ai le gagatisme un tantinet lucide !

Je gagatise même par anticipation. Je songe à ma vie future, j’imagine des scénarios, des voyages infinis pour mon fils et son amoureuse :

  • Maman, si tu as le temps de garder bébé, on partirait en voyage.
  • Attends que je vérifieokc’estoui !
  • T’as déjà vérifié ?
  • Oui, oui. C’est oui !
  • On ne partirait qu’une petite semaine.
  • Prenez donc tout le temps voulu ! Tu as dit trois semaines ?
  • UNE semaine.
  • Quoi, l’Australie ? Excellente idée !

Des voyages pour moi aussi, vous l’aurez compris. Passagère, copilote peut-être, de l’infiniment possible que mon fils et son amoureuse voudront bien me confier.

J’ai des dialogues de sourds avec des poussettes et des utérus, j’écris des dialogues imaginaires autour d’un bébé qui n’existe pas encore et je m’y catapulte avec une joie qui transcende TOUT.

J’attends le moment fatidique et enivrant où un nouveau bébé paraîtra dans mon entourage et je pense, en l’attendant, à Daniel Pinard et à feu belle-maman avec respect et tendresse.

Elle avait, il a, NOUS AVONS entièrement raison d’être gaga.

Amnésie calculée et abandon logique

Un jour quelqu’un m’a dit que j’écrivais super mal et que les chances que mon premier roman soit publié étaient nulles. Un ex-patron, dans la pub, avait également eu la bonté d’âme de me remettre sur le droit chemin en me convaincant que jamais je ne pourrais passer du service clientèle au service création. On me regarde parfois de haut parce que je travaille en communication. La com, c’est pour les paresseux, pour ceux qui n’ont pas eu les couilles d’entreprendre une carrière sérieuse. Dans les sciences pures, par exemple.

Une copine à qui j’ai récemment demandé une aide professionnelle a tout fait pour éviter de me l’apporter. L’amie d’une amie me déteste alors que je ne lui ai jamais adressé un seul mot.

Des exemples comme ceux-là, j’en ai mille.

On ne peut pas plaire à tout le monde et tout le monde ne nous plait pas non plus. Mais il ne s’agit pas que de ça. Le monde est parsemé de gens qui ne cherchent que le côté sombre des choses. Ils le cherchent, ils le trouvent. Partout, tout le temps. Cette attitude par rapport aux autres est une seconde nature et ils en sont fiers. Ils sont parfaitement agaçants mais se trouvent cool et peut-être même charitables de nous balancer nos quatre vérités au visage.

Ils sont réalistes, eux. Ils savent, eux.

Le temps est radieux ? Ils vont vous parler de la pluie de demain. Quelqu’un de leur entourage réussit ? Ils mettront sa réussite en perspective ou en attribueront le mérite à un autre.

Si on choisit la nuance, eux vont préférer le noir. Ce sont des gens d’esprits, formidablement présents dans nos vies et extrêmement efficaces pour éteindre toute possibilité de joie simple.

Sauf que leur efficacité a une date de péremption : mon âge.

Ce qui est merveilleux avec la cinquantaine, c’est qu’on peut choisir de tasser toutes ces personnes, d’ignorer tous leurs commentaires inutiles – le manque d’hormones aide sans doute un peu…  – . Les balayer tranquillement de nos vies est un exercice très salvateur.

Parce que le temps passe trop vite et qu’arrive un moment où on préfère le traverser avec des gens qu’on aime. C’est moins épuisant.

Parce qu’avec l’âge on connait mieux sa valeur, personnelle et professionnelle. Si on veut réussir à atteindre nos objectifs de vie, on doit forcément passer à la vitesse supérieure.

Je veux construire une cathédrale dans ton cœur avant ma mort ? Je dois m’y atteler et vite !

Si on regarde ça de plus près.

Le côté sombre de toutes ces petites attaques, c’est leur multiplication et l’incidence qu’elles peuvent avoir sur notre élan. Une phrase assassine suffit pour miner à vie une personne fragile, alors imaginez quand la chorale de voix noires devient votre petite voix intérieure. C’est l’horreur, instantanée et permanente.

On finit par se saboter soi-même. Incroyable gâchis. Bien sûr, on peut toujours se servir des attaques pour s’en faire une force. Ce qui ne te tue pas, etc. Mais ça c’est seulement vrai pour les plus solides d’entre nous.

Certains sont allergiques au gluten. Moi j’ai développé une intolérance, mais monstre ! envers ceux qui utilisent des idées ou des phrases pour détruire leur entourage, ceux qui sont dans le négatif constant et qui se targuent d’être dans le vrai. Les clairvoyants de l’obscurité.

Être réaliste, man, c’est de penser qu’on ne sera plus là demain. Point barre.

Passe donc ce temps précieux à produire, à créer, à aimer ta garde rapprochée, à cultiver de l’utile, un jardin, une terre et sois donc fertile en compliments. Ça ne nuira à personne et ça pourrait même te faire du bien à toi aussi.

Allez, je vais t’aider. On va faire un grand ménage pour faire entrer la lumière. Quelqu’un peut me donner un grand sac rose que j’y jette toutes les mauvaises pensées du monde ?

Je sais, je fantasme, mais au moins je fantasme joyeux !

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment tout savoir sur le sexe et les boules Quies

Il n’y a rien de plus enrichissant qu’une soirée entre filles, tout les hommes le savent!

Parce que ces virées entre copines, arrosées ou non d’alcool, sont une oasis dans le désert de notre compréhension de la vie et de ses problèmes – rien de tel que 3 avis extérieurs pour te ramener une fille de son désordre émotif!  – et par le fait même un vent frais pour mieux supporter tout ce qui se présente dans les trois jours suivant ces rencontres!

On y parle ouvertement de nos familles, de notre incapacité à tout concilier, de nos maris et/ou chums, de nos enfants, des autres!, mais on jase aussi de sexe, ouvertement et ça c’est franchement mieux et plus drôle que tout le reste.

Parce que l’effet est immédiat et peut te sauver une heure de thérapie.

À partir du moment ou on décrète que chaque relation sexuelle avec partenaire consentant-e est valable, déferle une pluie de confidences toutes plus intéressantes les unes que les autres, à condition bien sûr d’avoir une vie sexuelle! Dans le cas contraire, les conseils sont de mise.

 

–       Quoi, t’as pas encore adopté l’attitude nue, sur lui?

–       Pas nue, il faut qu’elle adopte les stilettos au lit!

–       Je sais où t’en trouver, viens avec moi ce week-end!

–       Nue, comment veux-tu? Il ronfle déjà quand je me mets au lit.

 

Et ce n’est que le début, la difficulté dans ces échanges est de tout suivre et on manque souvent des conversations croisées déterminantes.

 

–       J’étais où quand t’as pris la décision de dire oui à cet homme?

–       Tu jasais avec le serveur!

–       Non, elle était aux toilettes.

–       Je peux pas croire que je ne le savais pas!! Et ton ex?

 

L’amitié est une chose. Un truc hyper précieux qui arrive comme un cadeau dans une vie. Mais ces virées entre filles et/ou femmes de cinquante ans – bonjour les cinquantenaires! – ont tout à voir avec la déculpabilisation, l’ouverture d’esprit et le respect de l’autre dont on rêve, en relation. Si, si. Juju peut me parler de ses histoires de baise dont elle est dépendante, Marie de ses heures passées à visionner du porn en cachette et de son goût pour les femmes, elle qui est pourtant mariée et fidèle depuis 20 ans, Lydia de son désir de se faire sodomiser… et je ne les juge jamais.

Parce qu’après avoir vécu toutes ces années dans le carcan des relations hommes/femmes avec les résultats qu’on connait toutes, il faut bien que l’esprit exulte!

Si ce n’est qu’en conversations un mercredi soir dans un houston entre filles, ce sera toujours ça de pris.Tant pis pour les coincés et les abonnés au canal Je vois le mal dans tout. Nous, on se tape sur les cuisses de rire et de joie et on se donne rendez-vous pour le mois suivant.

 

–       Tu crois que le serveur nous prend pour des hystériques?

–       Non, je crois qu’il est secrètement content et qu’il prend des notes.

–       Hystériques et cougars!

–       Les filles, pensez à acheter des boules Quies, ça peut toujours servir.

–       On commande le dessert?

 

Jamais sans mes potes, jamais sans parler sexe, plus jamais dans un moule. Avoir cinquante ans, c’est parfois et même souvent, le pied!