Novembre, les cheveux mabouls et des couleurs, sans bruit

J’avais hâte que novembre arrive.

Pour qu’un vent parfumé d’humus balaie tous ces commentaires négatifs entendus autour de la culture du viol. Autour des femmes. Pour que la pluie éteigne ces feux allumés. Pour qu’un tapis de feuilles assoupisse les cris.

Je suis tannée des cris. Des gens qui hurlent.

De la violence avec laquelle on s’empare de toutes les tribunes. De la colère gueularde qu’on fait sienne, qu’on adopte et qu’on nourrit, trop richement parfois.

Non pas qu’il ne faille plus parler de machisme ou d’agressivité, au contraire ! C’est nécessaire, encore. Mais les hurlements ? J’avais hâte que novembre arrive.

Par fatigue de ce combat qui ne cesse jamais. Par lassitude, par l’envie d’être rendue mauditement ailleurs. Plus loin, en terre égale, en horizons calmes, en lieux inédits.

Parce que la nature est ainsi faite – la mienne en tout cas -, j’essaie le plus possible de faire partie de la solution ou de travailler à des choses qui font du bien, à des baumes correcteurs de laid. Et aussi parce que l’automne, c’est la saison où la nature se repose. Et que novembre est le mois des morts, de l’hibernation, de la grande préparation avant le froid.

Alors, quand la véhémente protestation est à son comble, me vient invariablement un goût de plénitude, ce besoin du contraire, pour me calmer.

Comme les ours carnivores, j’ai le goût de somnolence hivernale. L’envie perverse d’arbres déserts, de feuilles molles et du vent qui rend mes cheveux mabouls !

J’ai besoin de douceur, de murmures, de cliquetis, de craquements, de bruissements.

Peut-être aussi d’une soupe orange au retour d’une marche en forêt.

Si je pouvais commander dix clairs de lune et encore cinq soirs de perséides, je le ferais !

Et pourquoi pas un grand enthousiasme ?

« Fuck them, wô, bitch, icône féministe, femmes frustrées, grosse laide, suceuses de pénis. »

Ce ne sont que des mots et pourtant ils usent et font mal. Autant à ceux qui les écrivent ou les prononcent qu’à ceux qui les lisent ou les entendent.

Pourquoi ne pas être porteurs d’entente, de liens, d’idées qui font germer du beau ?

Sans majuscule !

À mes 17 ans, ma chanson préférée comportait son lot de chimères et de rêves un peu bébêtes. Ils allaient de pair avec l’âge et la candeur que j’avais, à l‘époque.

Être en amour avec vous / Donne envie de marcher / Sans jamais s’arrêter / Vers ce monde où l’on a choisi de vivre

Quand j’écoute cette chanson aujourd’hui, j’ai mille ans. Mille ans de romantisme ! Mille ans à mettre mes billes dans le meilleur. À essayer de voir le verre plein.

Mais parfois je baisse un peu les bras et je fixe le sol, fatiguée de chercher des circonstances atténuantes aux cris, fatiguée de trouver des excuses aux maux qui plombent le moral. Fatiguée d’essayer de comprendre. Fatiguée des luttes.

Et puisque tout est question d’énergie, puisque les jours raccourcissent et qu’ils deviennent trop courts pour laisser à la sérénité et à la grâce – que j’appelle et que j’attends  – le temps d’arriver… .

Je cherche des réponses dans les bonbons d’Halloween et je rêve à une potion magique qu’on distribuerait à chaque coin de rue et surtout au mien.

Je rêve aussi à un novembre qui aurait des ambiances de musée. Calme, calme, tu vois ?

Un MAC éphémère, un temps et un lieu où l’on ne jouerait qu’avec du beau. Un endroit rempli de lumière, de couleurs, de coups de cœur artistiques et impérativement, de gens qui chuchotent.

Juste un mois, mais tout le mois.

Bienvenue, novembre !

2 commentaires sur « Novembre, les cheveux mabouls et des couleurs, sans bruit »

  1. Charmante Christine…Des murmures et un 💗 Artistique…tu trouves ça avec moi…c’est tout les prochains mois que je chuchoterai ! Faudrait distribuer des nodules à bien du monde…X

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