Demain, je t’avais choisi

« Bien sûr nous eûmes des orages… », chantait Brel, dans la Chanson des vieux amants.

Cette chanson, si merveilleusement écrite, est difficile à oublier quand on traverse la vie avec la personne qu’on aime. Elle nous ferait même pleurer pour peu qu’on s’y attarde.

« De l’aube claire, jusqu’à la fin du jour, je t’aime encore, tu sais, je t’aime »

La vie en solo n’a rien de facile, elle ne l’est pas plus quand on la multiplie par deux. On traverse toutes sortes de périodes et on en prend plein la gueule quand on se rend compte que les obstacles ne diminuent pas avec le nombre d’années passées ensemble.

Alors pourquoi continuer ?

Chacun a ses raisons et je n’ai rien de plus à dire sur le sujet que : l’amour transcende tout.

Pas un amour de pacotille, pas un amour de dépendance, pas un amour de conditions. Un amour où on choisit l’autre souvent. Presque tous les matins ! Sans s’oublier, sans multiplier les compromis, sans tout donner. De toute façon, la nature est ainsi faite : quand on donne trop, on devient vide. Vide de soi, vide d’amour, vide de sens !

Tsé, le moment où prendre congé un week-end ne suffit plus à nous ramener à l’intérieur du couple, ce moment où la grogne parle tellement fort qu’on n’entend plus qu’elle ? Un vilain moment. Un parmi tant d’autres si on les accumule. Un déséquilibre total qui ne règle rien et qui réussit parfois à bousiller le patrimoine qu’on a construit.

J’ai l’air fin comme ça, mais je ne suis pas meilleure qu’une autre et certainement pas plus patiente. La preuve en est que quelques années avant mes 50 ans, je suis devenue folle.

Oui, vraiment folle! Vindicative, intolérante et prête à mordre n’importe qui sur mon passage – la crise de la cinquantaine, le besoin de me sentir vivante en dehors du cocon familial et plusieurs autres raisons qui ne sont à peu près pas valables.

Quelques proches ont essuyé les bourrasques de cette tempête, mais ma folie s’est essoufflée à temps. Je suis trop aimée, je crois, on m’a passé une camisole d’amour plutôt qu’une camisole de force. L’aubaine, toi!

Ce moment était pour moi un passage obligé. Laid, pas fin, démesuré mais obligé. Alors comme le chante Brel, il y a des orages, des tempêtes, mais aussi des ciels clairs et des matins doux où on ne peut voir la vie autrement qu’avec elle ou lui.

Et ce sont, sans surprise, les matins que je préfère.

Quand je nous vois mon amoureux et moi, liés pour la vie, empathiques, attendris et soucieux l’un de l’autre, ça m’émeut terriblement.

Ça ne fait pas de nous des candidats pour les Résidences Soleil, « … il nous fallut bien du talent pour être vieux sans être adultes », mais déjà je nous vois vieux et vivants, l’un à côté de l’autre. Encore pour un sacré bout.

La semaine prochaine, nous allons traverser, lui et moi, nos 25 ans de mariage et probablement aussi applaudir nos 33 ans de vie commune. Je ne pensais pas, pas même dans mes rêves les plus fous, me rendre jusque là. Mais plus j’avance dans cet état de vie commune, plus je rencontre d’agréables surprises.

La bienveillance qui s’incruste dans notre cortex, les mots qui soignent plus qu’ils ne tuent, la vérité qui est quelque part entre nos deux vies, complètement mobile.

Je fuis les recettes, pour chacun la vie de couple est différente. Nous ne sommes à l’abri de rien et l’humain évolue autant que les relations qu’il entretient.

Mais je parie un 2 $ sur la nôtre.

 

 

 

 

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