Let’s get physical, physical

Vous ne lirez pas ici un long texte sur la nourriture de l’âme et celle de l’esprit.

Oh non !

Aujourd’hui, j’ai plutôt envie de vous parler de physique. De celui des femmes en particulier, celles de mon âge. Parce qu’il y a des jours où c’est tout ce qui nous reste, le physique. Quand l’humeur fout le camp, quand on est maussade, quand on n’en peut plus de tout, on a le choix : ou de se rouler en boule dans un lit douillet au fond d’une campagne lointaine, chez des amis, un soluté de vin blanc au bras, ou de se tenir debout, l’orgueil en bandoulière, l’attitude conquérante plutôt que victime.

Les femmes passent facilement pour des hystériques en puissance, des séductrices ou des princesses quand elles ont envie de prendre soin d’elles.

Surtout quand elles ont des enfants.

Comme si être mère n’était pas un sacrifice suffisant, comme si la vie ne pouvait pas comporter aussi un côté si je vais bien tu iras bien nécessaire à l’équilibre familial.

Comme si le fait de courir dans le noir à – 25 l’hiver, les pieds dans la gadoue était le signe d’une personne en détresse.

Il existe pourtant des tonnes d’articles et de livres sur la question ! L’esprit sain, le corps sain, on sait par cœur ce qu’il faut faire.

Et les soins esthétiques n’ont pas été inventés pour les singes.

De la marche ou de la course à chaque semaine, du temps pour soi – insérez ici toutes vos activités préférées, de la lecture jusqu’à pas d’heure au road trip en solo –, un facial, des crèmes qui ne sont pas miraculeuses mais auxquelles on croit quand même. Voilà une prescription à laquelle toutes les femmes devraient se soumettre !

Obligatoirement.

Ça vous semble terriblement superficiel ? Demandez-vous si le boost d’estime de soi qui vient avec l’est aussi. C’est plein de profondeur au contraire, tout comme l’effet happy camper dont l’entourage pourra bénéficier.

J’essaie moi-même m’y soumettre le plus souvent possible, surtout quand mon âme prend l’eau et que mon corps au réveil a 10 ans de plus que son âge.

Et, parce que ce n’est pas assez, je refuse aussi un paquet d’idées toutes faites et d’attitudes physiques qui me déprimeraient solidement.

Je renvoie aussi en bloc le statut de madame.

Déjà qu’on m’appelle trop souvent madame…

Non, madame ! Pas question d’étouffer dans ce carcan. Comme je n’ai jamais embarqué dans une idée de maternité ou de grossesse préfabriquée.

Un exemple ? Je n’ai jamais porté de Mom Jeans.

Juste de voir les mots Mom et jeans alignés, j’en ai des frissons.

Je n’ai pas non plus arboré le classique jeans de maternité, celui muni du gros panneau mou placé devant et qui sert un peu de berceau du ventre. Ça m’horripilait.

Enceinte de mon bébé, il m’a fallu attendre avant de revoir le bleu du denim. Pendant ma grossesse, j’avais bien soigneusement planqué tous mes jeans au fond de ma garde-robe. Après l’accouchement, je les y ai laissés un an de plus, je ne rentrais tout simplement pas dedans. D’ailleurs je me sentais à peine plus sexy qu’un pain Pom.

Je n’ai pris ma revanche que plusieurs années plus tard et là je me suis gâtée. J’ai eu et j’ai encore une panoplie de jeans et je les porte, merci la vie !

Sauf que.

Vieillir, ce n’est pas non plus un Instagram à tous les matins.

Bien que nous soyons à la semaine longue bombardés par les Allô tutti, voici comment je me suis réveillée ! de jeunes femmes qui semblent toutes avoir 20 ans, nous nous devons d’être réalistes : il arrive que le poids des années pèse quand même un peu sur nous. Parce qu’à 20 ans, évidemment, on peut tout se permettre !

Une attitude approximative, une jupe trop courte, des jambes nues un 15 octobre, des cheveux mouillés pour prendre un café chez Machin. Plus à nos âges. Arrive un moment où cette insouciance ne fonctionne plus et où tout devient un choix.

Alors oui !

On mange cru, on boit du chou frisé, on galbe le mou, on triche les rides en levant le menton un peu plus haut et on sourit.

Alors oui !

On ajuste la longueur de la jupe, on utilise impérativement le sèche-cheveux après chaque lavage et on applique un peu de gloss – de la Vaseline fait aussi l’affaire – avant de sortir le chien le matin, parce que les gens qu’on croise ne doivent pas avoir peur de nous, surtout s’ils nous voient d’abord de dos !

Nous n’avons déjà plus rien à voir avec les femmes et les hommes de 50 ans des années 1960, ne nous arrêtons pas en si bon chemin. On continue !

Rien de clinquant, mais un reflet plus doux dans le miroir et un corps qui tient la route les jours où le moral a déserté. Ça ressemble à un projet réaliste et concret pour modeler nos nouveaux jours, à un avenir où le soleil brille un peu.

Ça ne fait pas de nous des Olivia Newton-John ni des Caster Semenya, mais à viser le peloton de tête, on doit bien sécréter de la sérotonine, non ?

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